Gravure

J’ai gravé ton visage
dans le creux de mes prunelles.
Partout, je le regarde —
et quand la lumière rentre un peu,
c’est ton sourire que je vois.

Je suis occupé à faire des liens
entre les traits de ton visage
et les souvenirs derrière le mien.
Ton sourire, ton nez, ton front, ton menton —
tout y est.

Sauf encore une chose…

Je suis occupé, présentement,
à y graver ton œil.
Et je me perds dedans.
Tombé dans ton œil,
je me sens bien.
Et je m’oublie un peu dedans.

C’est là que je vois tout,
avec la lumière qui me rentre dedans.
C’est là que j’espère tout,
dans le silence,
entre ton œil et le mien.

Cet espace entre nous —
immensément mondes.

Cet espace tellement grand…
je me perds dedans, dans mon voyage,
et j’en grave chaque instant.

*****
Écrit par Enrico J. Lévesque le 20 juillet 2013
|