Entre l'image et la mer

Quand on s’adresse à l’autre, malheureusement,
ce qu’on pense connaître prend toute la place.

L’image de ce qu’on pense savoir encombre tout :
elle s’immisce devant ce qui existe vraiment,
et cache la plus grande part de ce qu’on ne sait pas.

Et pourtant — comme un voile tendu dans le vent —
ce qu’on sait, propulsé par ce qu’on ne pense pas,
si l’esprit restait ouvert assez longtemps,
nous permettrait de traverser la mer
et d’atteindre le rivage de l’autre.

Au rivage de l’autre, les coquillages :
chacun est un nouveau vent,
un nouveau souffle,
une nouvelle forme à reconnaître,
qui attend là-bas, au point de rencontre —

entre l’image de ce qu’on connaît peu
et la mer de ce qu’on ne connaît pas.

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Écrit par Enrico J. Lévesque le 04 juin 2024
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